Histoire de Jarnages*

Jarnages est une petite ville d'environ 500 habitants. La ville de Jarnages est de fondation très ancienne. Son nom dans les temps gallo-romains était Agarrusacum. Au Moyen Age Jarnages eut une certaine importance. C'était Bertrand d'Armagnac, comte de la Marche, qui la fit fortifier en 1434. L'église (XIIe - XVe) a encore quelques éléments de fortifications. Il y reste aussi la caserne à l'entrée de la ville. Ce château est propriété privé et ne se visite pas.

 Jarnages a une superficie de seulement 917 hectares. Comparé avec les autres villages (Parsac 3899, Ladapeyre 3063 et Pionnat 4177), Jarnages est petit. Jarnages est l'héritier direct d'une paroisse. Il s'agit d'une création priorale relevant d'une lointaine maison: l'abbaye de Saint-Michel de Cluse, dans le diocèse de Turin. Cette abbaye avait été fondée vers l'an 1000 par Hugues, comte d'Usson. Une bulle du pape Innocent III, d'avril 1216, confirme parmi les possessions de l'abbaye l'église de Jarnages. Saint-Michel est bien resté le patron de la paroisse, mais il fut éclipsé par Saint-Gervais.

La charte de Jarnages n'a pas été retrouvée et on ignore la date. Dans son Histoire de la Marche et du Pays de Combraille, (1814-1815) Joullietton écrit simplement: "Les habitants de Jarnages tenaient leur ville et leurs domaines jusqu'à un quart de lieue en franchise des comtes de la Marche, sous quelques devoirs annuels." En 1434 Bernard d'Armagnac, comte de la Marche, ayant appris que Jarnages avait édifié des murailles mais qu'une partie des habitants demeuraient dans les faubourgs en dehors des murailles, ordonnait la destruction des faubourgs et la construction des fosses.
Au XV e siècle, Jarnages devint le siège d'une châtellerie, démembrée de celle d'Ahun et qui devint châtellerie royale après la réunion de la Marche à la Couronne en 1527. Pendant les guerres de religion, la ville, où restait le duc de Némours, fut prise au nom du roi (1591), par le gouverneur de la Marche, Louis Chastaigner de la Roche-Posay. La Haute-Marche était province rédimée (officiellement " pays rédimés des gabelles") et ne payait pas de taxes sur le sel. Mais pour empêcher la contrebande avec les régions voisines des dépôts de sel furent institués en 1666 où l'on devait obligatoirement s'approvisionner. Jarnages fut le siège d'un dépôt de sel.

Le 14 juin1686, Louis XIV avait échangé avec François III d'Aubusson, duc de la Feuillade, les châtelleries de Felletin, Ahun, Chénérailles, Jarnages et Drouilles et la châtellerie de Cervières-en-Forez, contre la terre et seigneurie de Saint-Cyr, près de Versailles. Les officiers de la châtellerie étaient nommés par le roi mais sur présentation du duc. La châtellerie de Jarnages était assez petite et comprenait Jarnages, Pionnat, Ladapeyre, Blaudeix, Rimondeix et Parsac. En 1764 Jarnages compte seulement 66 feux.
En 1785 une partie de Jarnages a été détruite par un incendie. Un arrêt du Parlement de Paris de cette année défend les habitants de Jarnages de couvrir leurs maisons en paille. La rue Brulée est un souvenir de cette période.
Les années avant la révolution furent marquées par une série de mauvaises récoltes qui provoquèrent une hausse considérable du prix des subsistances. Cette misère occasionna de nombreux troubles; aussi en Jarnages; Le 30 septembre 1788, après la foire, des acheteurs de blé, venant de Bétête, Genouillat et Saint-Dizier, accompagnés par toute la maréchaussée de Gouzon, furent attaqués par une émeute. Le blé fut volé. Il apparut impossible de punir les coupables.

Jarnages était bien une petite ville, avec ses foires et ses marchés bien réputés. La période avant la révolution connut un manque de grains et le prix du pain était très élevé. En 1791 on refusait de payer l'octroi. La pauvreté était très répandue en on dut, en novembre, organiser un atelier de charité pour la population sans travail.
Pendant la période de 1810 à 1848 cinq questions ont dominé la vie municipale; la fontaine, le cimetière, les communaux, la gendarmerie et l'école. La gendarmerie fut déjà souhaitée pendant la révolution et en 1847, une brigade à cheval fut installée. Pour la fontaine en 1843 un conflit se forma avec Parsac. Pour payer le remplacement de la fontaine de Saint-Gervais, malsaine et incommode, il fallut de l'argent des communes d'Etang-Neuf. Les habitants de Monceaux firent valoir leurs droits sur ceux-ci.
Le cimetière, situé en centre-ville dut être déplacé. On parla déjà du déplacement pendant la révolution, mais seulement en 1842 un terrain (appartenant à Pierre Mestadier) fut acquis. Les tombes y étaient envahies par l'eau et on ne pouvait y faire des inhumations.

En 1807 c'est la loi du 15 septembre qui prescrivit l'établissement d'un cadastre général parcellaire. Mais les propriétaires craignaient une augmentation des impôts. Jarnages fut cadastré en 1811, mais en 1841 on s'aperçut qu'il y avait eu des erreurs et il fallut recommencer. Pour Jarnages la cadastration fut réalisée en 1846. Dans les registres on trouve que Jarnages avait trois moulins à eau. Un se trouvait chez l'Etang Neuf et deux qui s'appelaient moulin de la Prairie. Pendant des temps secs, il n'y avait pas assez d'eau pour les faire tourner.
Le 15 juin1834 se déroulait l'affaire d'Ajain. Après l'arrestation des participants à la démonstration contre l'impôt de 45 centimes, des habitants d'Ajain et Pionnat marchèrent sur Guéret et affrontaient la troupe. Les habitants de Jarnages, le chef lieu du canton, ne participèrent pas. Alexandre Southon, le maire de Jarnages, eût bien volontiers participé. Il était un des grands organisateurs des Sociétés démocratiques et il était fort opposé à l'impôt. Mais marcher sur Guéret était une grave affaire. On avait un détachement des gendarmes à Jarnages. Il refusât de participer. Ainsi on ne compta que quelques participants Jarnageois à l'émeute. La confrontation avec les troupes coûta 12 morts!
Le 6 septembre 1870 la république fut proclamée à Jarnages. C'était après Martin Nadaud, préfet de la Creuse, suspendit le conseil général de Jarnages et nomma une commission provisoire présidée par le notaire Desry Dutheil. Cette commission eut pour tâche de trouver de l'argent pour la défense de la république; une tâche pas très populaire. En décembre Botte devint maire et après la loi du 14 avril 1871 le maire était nommé par élection. On eût un changement de maire régulièrement pendant une période troublée jusqu'à l'élection du notaire Alfred Guingue en 1896 qui restera maire jusqu'en 1935.

Si cette histoire vous intéresse vous êtes conseillé d'acheter le livre: Le canon de bois par Daniel Dayen et publié par L'association "vivre à Jarnages". Adressez vous au secrétariat de la mairie de Jarnages aux heures d'ouverture.

* Le Canon de bois, Jarnages et ses histoires par Daniel Dayen, publié par l'association "Vivre à Jarnages"